mercredi 24 septembre 2008

Le télétravail est la solution, mais quelle est la solution au télétravail ?

Notes prises lors de la conférence du programme "Connected Urban Development", organisée par Cisco à Amsterdam, les 23 et 24 septembre 2008.


Benoît FeltenEn introduction du second jour de la conférence, Benoit Felten, Senior Analyst au Yankee Group (et dont on recommandera le bon blog Fiber Revolution), a reçu la tâche d'illustrer l'apport des réseaux de nouvelle génération dans la transformation (de préférence durable) des processus d'affaires. Il prévient d'emblée : "ce que je vais vous présenter, c'est une vision, pas le résultat d'études."

Son point de départ : l'automobile. Peut-on réduire le nombre de véhicules, les distances qu'ils parcourent, leur consommation d'énergie, leurs émissions ?

Que penser des politiques actuelles ? Felten (qui est Français) évoque par exemple le bonus-malus écologique français : "Une famille nombreuse qui possède une grosse voiture paiera un malus. Si elle achète deux petites voitures, elle recevra un bonus..." D'autres exemples seraient de la même veine. Bref, beaucoup de mesures actuelles foacalisées sur l'automobile sont soit inefficaces, soit perverses, soit au mieux, leurs effets seront mineurs.

"Amener le travail aux travailleurs, plutôt que les travailleurs au travail"

Il faut, pour Felten, prendre les choses autrement.

Les déplacements pendulaires, du domicile au travail, représentent une source majeure de congestion, de pollution, de temps perdu et de stress. Ils sont un héritage de l'organisation industrielle du travail. Dans une économie de services, cela n'a plus de sens. Et dans des sociétés connectées à très haut débit, "le travail peut aller aux travailleurs plutôt que les travailleurs au travail." C'est, pour Felten, "l'action la plus concrète que nous puissions engager aujourd'hui. Parce qu'il s'agit de changer les modalités, pas d'attendre qu'une technologie devienne mature." (Est-il vraiment plus rapide de changer les "mentalités" que la technique ? On peut s'interroger, mais on comprend ce que veut dire Felten)

Quels seraient les avantages ? Les entreprises peuvent faire des économies et profitent de la productivité et de la satisfaction que gagnent leurs salariés qui n'ont plus à passer des heures dans les transports. Elles peuvent plus facilement recruter des talents qui vivent très loin de leurs bureaux. Les employés gagnent du temps et de l'argent, améliorent leur qualité de vie et réduisent leur niveau de stress. Les territoires réduisent leur empreinte écologique. Et en termes d'emploi, ils peuvent espérer que les délocalisations fassent en partie place au "homesourcing", à l'externalisation auprès de personnes qui travaillent depuis leur domicile sur le territoire.

Comment réussir après tant d'échecs ?

Felten le reconnaît, la peinture est un peu rosie... Cependant, la piste mérite d'être explorée. Et ce sont les entreprises qui seraient à l'initiative. Donc, il faut leur donner des chiffres.

L'opérateur BT évalue les gains de productivité de ses télétravailleurs à 20%. 80% d'entre eux sont satisfaits de cette organisation. IBM fait travailler à domicile un tiers de ses salariés américains et affirme avoir économisé 100 millions de dollars.

Comment réussir un tel projet, quand tant d'autres initiatives dans le même sens ont échoué dans les deux décennies passées ? Il faut travailler sur l'organisation des entreprises, sur le management, sur l'environnement de travail et sur la technologie.

En termes d'organisation et de management, il faut repenser le "contrat social" entre employeur et employé. Comment manager et superviser des employés que l'on n'a pas sous les yeux ? C'est ce que font déjà, par exemple, deux entreprises partenaires l'une de l'autre : la confiance repose sur les deux parties. Ce qui suppose que les objectifs, les critères de mesure, les conséquences du succès et de l'échec, soient précisément définis.

La seconde condition de succès est de pousser l'adoption d'un "environnement de travail 2.0". Cela inclut en particulier un lien vidéo bidirectionnel à haute définition et la présence d'un grand nombre d'applications dans le "nuage", sur le réseau, plutôt que centralisées dans le centre informatique de l'entreprise.

Enfin, le haut débit actuel n'est pas suffisant pour assurer des conditions de travail à domicile satisfaisantes pour employeurs, employés et clients des entreprises. Il faut créer les conditions du déploiement rapide du très haut débit. Mais le problème est que le déploiement coûte cher, très cher. Le modèle de financement le plus classique, celui où les opérateurs investissent et où les clients financement a posteriori par leurs abonnements et leurs usages, ne sera sans doute pas suffisant à assurer un déploiement rapide de la fibre optique. Il faut d'autres compléments : que les promoteurs confinancent la fibre si leurs appartements connectés se vendent mieux, que les entreprises cofinancent la connexion de leurs salariés, que les acteurs publics investissent pour réduire les déplacements urbains...

Il faudra aussi, conclut Benoît Felten, compter avec la résistance de ceux qui ont tout à perdre d'un tel changement : les compagnies pétrolières, les constructeurs automobiles et les constructeurs d'espaces de bureaux...

Ceux qui suivent depuis quelques années les heurs et malheurs du télétravail et des télécentres se trouvent sans doute en terrain familier. Trop familier, en fait. Il y a dans l'intervention de Benoît Felten quelques pistes, quelques idées à creuser, quelques chiffres utiles issus d'expériences récentes et significatives. Mais il est difficile de ne pas lire, aussi, dans cette intervention, une resucée d'arguments souvent entendus depuis 20 ans, notamment dans la bouche des acteurs du numérique qui annoncent toujours le télétravail heureux au tournant de la prochaine vague technologique...

3 commentaires:

Sammael99 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Sammael99 a dit…

Votre conclusion est juste, et c'est pour cela d'ailleurs que je n'ai pas voulu présenter cela comme autre chose qu'une vision. Par contre, je suis de plus en plus convaincu qu'on a essayé d'imposer le télétravail malgré les entreprises, ce qui est structurellement impossible.

On manque de retours d'expérience tels que BT et IBM qui sont de plus des entreprises technologiques donc suspicieuses yeux d'industries plus traditionnelles. J'ai bon espoir que d'ici quelques mois/années on en ait plus et qu'on puisse évangéliser d'une manière qui fasse vraiment réfléchir les chefs d'entreprises.

J'espère aussi que les gains d'efficacités, même s'ils se font en dehors de la France, rajoutent une pression pour nos entreprises Françaises si conservatrices et nos syndicats non moins réactionnaires...

En tous cas, merci pour ces contrendus fort intéressants (surtout ceux que j'ai raté en live!)

Vanessa Godet a dit…

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