vendredi 26 septembre 2008

L’internet des objets : des outils pour hackers ou une véritable opportunité d’affaire ? (1ère partie)

En direct de PicNic, la conférence hollandaise sur la créativité et l’innovation dans les nouvelles technologies.

Oliver Christ, directeur de SAP Research en Suisse présente les "MegaTendances pour 2012". Peit-on prédire le futur ? On peut prédire l’impact des technologies avec une grande probabilité à 10 ans affirme-t-il. Et d’énumérer quelques tendances auxquelles nous allons être confronté dans les années à venir.

La première tendance, c’est la globalisation, des marchés, du commerce, des médias... Dont la première conséquence est la délocalisation de la production et des services (comme l’illustrent les fermes de jeu chinoise ou asksunday.com, qui pour 29 $ par mois s’occupe de vos week-end ou de vos vacances pour vous...).

Autre tendance de fond, le vieillissement de la société. Ce qui va avoir pour conséquence que nous allons être confronté à un public qui a besoin de services, pas de gadgets : des boîtes à pillules intelligentes, des services de communication faciles à utiliser, des services de surveillance... Les services ne sont pas isolés, il s’intègrent dans des écosystèmes autour des personnes et de leur environnement. On le constate dès à présent : les biens matériels et les services fusionnent. Les téléphones mobiles intègrent des services de navigation, les logiciels deviennent des services en ligne, les objets de mesure deviennent des solutions de gestion de ressources.

L’internet des objets, par exemple, c’est des communications voiture à voiture (car2car, voire car2X communication), c’est de la surveillance des conduites d’eau, qui via des capteurs, permet de repérer les fuites, d’alerter les techniciens, et même de délivrer de l’information sur les rues que l’on ferme directement aux véhicules. Autre exemple, les systèmes d’assurance qui se branche sur votre système voiture pour vous faire payer une assurance proportionnellement aux kilomètres que vous effectuez ("Pay as you Drive insurance" de Norwich Union).

La miniaturisation des capteurs et des outils de communication et la chute de leurs coûts de production permet d’aller toujours plus avant dans l’intégration des objets : on passe des PC, aux mobiles et demains aux objets du quotidien. Le coût de la façon dont on récupère les données ne cesse de baisser en devenant de plus en plus automatique : on est passé des données saisies à la main, aux cartes à puces, aux codes barres, aux Rfid et aux systèmes embarqués. Et de terminer en nous montrant un magasin en Allemagne où tous les produits sont connectés. Qui ne permet pas seulement de payer sans passer à la caisse, mais qui permet aussi de reproduire le magasin et vos achats dans Second Life. Autant dire qu’Oliver Christ nous a donné une vision un peu froide et industrielle de l’internet des objets.

Les apports concrets de l’internet des objets
Si Joe Polastre, président de Sentilla Corporation, s’intéresse à l’industrie, c’est avec un peu plus de fraîcheur, notamment sur les apports bien réels que promettent l’internet des objets. Le but de cette prochaine révolution est de rendre visible l’invisible, nous explique-t-il. Les capacités de calcul se miniaturisent et vont se répandre dans notre environnement : c’est cela l’internet des objets.

Aujourd’hui, nos voitures savent déjà nous envoyer un e-mail pour dresser le bilan de leur état (OnStar Vehicle Diagnostics de GMC). 570 millions d’objets sont déjà accessibles via l’internet... Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des objets (0, 005 % de l’ensemble des objets).

Quel peut-être l’apport de l’internet des objets à notre bien être ? Joe Polastre veut être concret en s’intéressant à l’énergie. Il faut préciser que c’est son domaine, l’objet de Sentilla étant de transformer notre gestion de l’énergie pour les entreprises, mais aussi, pour tout à chacun. Ils ont ainsi développé un kit qui permet à chacun de connecter son équipement électro-ménager à un tableau de bord en ligne pour mieux en mesurer la consommation. Mais ce n’est pas là que la démonstration de Polastre est la plus parlante.

18 % de l’énergie est consommée par les domicile, 20 % par les commerces, 34 % par l’industrie et 27 % par les transports rappelle-t-il. En quoi l’internet des objets peut nous aider à limiter notre consommation énergétique ? On le sait, le prix de l’électricité et de l’essence s’envole, tant et si bien que cela devient une préoccupation pour tous (même pour les Américains ;-). Wal Mart est l’une des sociétés mondiales qui consomme le plus d’électricité (0,5 % de toute l’électricité des Etats-Unis). Pour savoir comment faire des économies, Wal Mart a réalisé un audit de ses dépenses. Ils ont ainsi constaté qu’en remplaçant les ampoules de leurs stands de vente de lampe, ils pouvaient économiser 6 millions de dollars sur leur facture énergétique. Wall Mart a fait peindre tous les toits de leurs magasin en blanc pour réfléchir la chaleur et économiser 7400 dollars par bâtiment et par ans (ce qui pour 4141 magasins aux Etats Unis représente une économie de quelques 30 millions de dollars par an).

Autre exemple : 30 % des coûts de production de l’industrie de l’aluminum sont des couts électriques. En améliorant les machines, en améliorant le processus de fabrication de l’aluminum, l’industrie américaine est arrivé à réduire de 2 % sa consommation d’électricité, soit 200 millions de dollars d’économie et 1 tonnes de gaz carbonnique rejettés économisés). Le même diagnostique peut être répété dans bien d’autres industries...

Dans nos domiciles, peut-on faire la même chose ? Bien sûr, répond Joe Polastre en évoquant le kit que sa société a mise au point. Une télé consomme en moyenne 100 watts allumée et 10 watts éteinte. Joe a connecté son électro-ménager à l’internet pour lui donner des ordres (ne tourner que la nuit pour son lave linge, etc.). Désormais, il dispose du détail de sa consommation et il peut mieux la surveiller. Selon lui, la prochaine génération de service nous viendra par l’internet et nous permettra de mieux mesurer ce que nous faisons et son impact.

Un internet des objets ouvert

David Orban, présente sa société, Wide Tag, qui propose de construire une infrastructure pour un internet des objets ouverts. OpenSpime, leur projet phare (que nous avions déjà évoqué) fait explicitement référence au concept de Spime introduit par Bruce Sterling. Pour lui, les Spime sont des "social hardware" dont le but est de mettre le hardware à la disposition de tous.

OpenSpime a développé une bibliothèque en open source avec des spécifications techniques et des protocoles pour créer des objets ouverts. CO2 Spime est un système qui collecte le niveau de gaz carbonnique. CO2 sensor, qui sera disponible en 2009, n’est pas seulement un détecteur de gaz carbonique, mais aussi une façon d’augmenter socialement votre téléphone. Ils travaillent enfin à un "Social Energy Meter", une application pour iPhone qui permettra d’agréger des données issues de capteurs que l’on installera dans la maison pour mesurer sa consommation d’énergie.

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